La guerre de l’eau…bientôt ?

La guerre de l’eau…bientôt ?

 

2011 : un printemps particulièrement chaud, en réalité le 2ème printemps le plus chaud depuis l’année 1900 : -70% d’eau et +4°Oui, nous avons eu un mois d’avril qui sort du lot, digne d’un mois de juin, avec pratiquement le double d’heures d’ensoleillement par rapport à la normale.

En effet, depuis début mars, la pression atmosphérique est telle qu’un anticyclone massif est bloqué sur la France, les Îles britanniques, l’Europe du Nord en général. L’Angleterre voit son printemps le plus chaud depuis 350 ans !

La situation en 2011 est pire qu’en 1976, 1997 ou 2003, années au cours desquelles nous avons eu soit ne sécheresse, soit une canicule ; en 2011, nous avons les deux.

Bien que les nappes phréatiques soient un peu plus pleines qu’en 1976 (parce qu’il a plus plu fin 2010), la sécheresse s’est installée durant l’hiver. Certes, nous avons un « beau » printemps, ensoleillé, mais cette situation n’est pas sans conséquences graves sur notre environnement.

La floraison est nettement en avance, mais du coup plus courte (un mois d’avance pour le vignoble). Les cultures sont en situation de stress hydrique et les exploitations agricoles sont en véritable surchauffe. Le peu d’orages locaux qu’il y a eu n’a pas suffi à irriguer les terres. Pour exemple, le muguet a dû être recouvert pour l’empêcher de fleurir fin mars/début avril.

Les prairies sont de vrais paillassons, l’herbe n’a pas pu repousser et les animaux d’élevage manquent de fourrage, ils ont faim ! Depuis une semaine, certains éleveurs se voient obligés de faire abattre prématurément une partie de leurs animaux, y compris des vaches en gestation, par manque de fourrage. Certains abattoirs sont déjà complètement congestionnés.

Les plans de restriction d’eau ont déjà pris une sacrée ampleur (1 mm de pluie en avril pour la région parisienne). En France, s’il y a malheureusement une habitude de l’eau abondante, en revanche 86% des Français (sondage
Ifop du 22 mai 2011) seraient prêts à accepter des coupures d’eau potable dans la journée. Commencerait-on à prendre conscience que l’eau est une denrée de plus en plus rare ?

En France, nous stockons 2% de l’eau de pluie ; 1% de plus seulement suffirait à régler le problème de l’irrigation en agriculture (chiffres FNSEA). Pour sauver les récoltes (300 000 ha de maïs en 1939 contre 2 millions d’ha en 2011), il va falloir puiser l’eau des réserves. Va t-on vers une « taxe sécheresse » ?

Nous devons anticiper l’utilisation de l’eau : ne pas laver sa voiture, récupérer l’eau avec laquelle on a lavé ses fruits et légumes, récupérer l’eau de pluie, couper l’eau pendant que l’on se savonne ou que l’on se lave les dents, éviter de prendre des bains, réparer les fuites de chasse d’eau, vérifier régulièrement les tuyauteries, arroser le jardin le soir et mettre au pied des plantes de la sciure de bois ou des copeaux de pin pour éviter un maximum l’évaporation.

Lorsque l’on voit que 15 millions de m3 d’eau sont chaque année utilisés par une station de ski sur deux en France (pompage des lacs et des nappes) pour fabriquer de la neige artificelle afin que ces messieurs-dames puissent skier…

L’eau est un bien commun, nous devons la gérer tous ensemble. L’eau va être rare et plus chère, il va falloir en prendre soin. Au même titre que les énergies fossiles, l’eau sera l’un des principaux enjeux du XXIè siècle.



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